Réflectométrie OMTDR
Un signal de test multi-porteuses pour diagnostiquer les réseaux filaires en ligne, avec un spectre contrôlé pour cohabiter avec les signaux natifs.
Habilitation à diriger des recherches
Dr. Wafa BEN HASSEN
Cheffe de service adjointe
SMCD, DIN, CEA LIST
Développement de stratégies de surveillance et de pronostic en vue d’un transfert industriel
Trajectoire, projets, encadrements et rayonnement.
Explorer [02]Réflectométrie OMTDR et diagnostic en ligne.
Explorer [03]Du défaut non franc à la durée de vie résiduelle.
Explorer [04]Le câble devient capteur de température et de feu.
Explorer [05]Plateforme modulaire et IA guidée par la physique.
Explorer
Diplômée en réseaux informatiques et télécommunications, j'ai appliqué mes compétences en
traitement du signal au domaine du réseau filaire.
Autour de la réflectométrie
OMTDR,
développée au cours de mes travaux de thèse, j'ai bâti une activité de R&D continue, en
accompagnant son transfert vers l'industrie jusqu'à sa maturité industrielle (TRL 9) — tout
en faisant évoluer mon rôle vers la direction scientifique et le management d'équipes.
* Publications dans le domaine de la réflectométrie électrique.
Diagnostiquer en ligne, sans interférences avec les signaux natifs présents sur le réseau.
Réseaux ramifiés — atténuation et surtout ambiguïté de localisation :
pour un même écho, plusieurs branches suspectes.
Dès les années 2005, de nouvelles stratégies ont été proposées pour y répondre :
Reste ouvert : le diagnostic embarqué des défauts naissants et non francs.
La solution proposée : l'OMTDR (Orthogonal Multi-Tone Time Domain Reflectometry), un signal de test composé de multi-porteuses orthogonales entre elles et porteur d'information.
Un signal de test multi-porteuses pour diagnostiquer les réseaux filaires en ligne, avec un spectre contrôlé pour cohabiter avec les signaux natifs.
Échanger de l'information entre réflectomètres et fusionner leurs observations pour lever les ambiguïtés de localisation dans les réseaux ramifiés.
Passer du principe de réflectométrie distribuée à son intégration matérielle et à sa validation sur un démonstrateur embarqué.
OMTDR s'inspire du multiplexage OFDM (Orthogonal Frequency Division Multiplexing) : N sous-porteuses orthogonales, modulées en M-PSK (M-ary Phase Shift Keying) ou M-QAM (M-ary Quadrature Amplitude Modulation).
L'OMTDR est la brique fondatrice de mes travaux de R&D, issue de ma thèse : un signal de test porteur d'information — c'est le câble qui sert de canal de communication, et le signal OMTDR y transporte les informations utiles au diagnostic. C'est à partir de cette invention que j'ai proposé et contribué à développer tout un programme de R&D — de l'instrumentation embarquée jusqu'à la décision distribuée.
Les cinq équations suivent, pas à pas, la chaîne du schéma ci-dessus — de la synthèse du signal de test jusqu'au réflectogramme.
Le signal injecté est une somme de N sous-porteuses orthogonales ; l'orthogonalité est garantie par $\Delta f = 1/T_s$. Chaque symbole $S_{k,n}$ (modulation M-PSK/M-QAM) fixe l'amplitude et la phase d'une porteuse.
En pratique, le signal est généré par transformée de Fourier inverse (IFFT) de taille $N$, donnant $N$ échantillons $s_{k,i}$.
Après le convertisseur numérique-analogique (CNA), on obtient le signal analogique $x_k(t)$ injecté dans le réseau. $\Pi$ = forme d'impulsion du CNA, $T_e$ = période d'échantillonnage.
Le signal réfléchi $y_k(t)$ est la convolution du signal injecté avec la réponse impulsionnelle $h_k(t)$ du réseau — qui porte les signatures des défauts — plus un bruit blanc $n_k(t)$.
Le réflectogramme est l'inter-corrélation (circulaire, car le signal est périodique) entre la référence $s_{k,i}$ et le signal reçu. Chaque pic correspond à une discontinuité d'impédance à une distance donnée.
Adaptation au monitoring : L'annulation des sous-porteuses situées dans les bandes interdites (déjà occupées par les signaux natifs) crée des artefacts, corrigés par moyennage multi-symboles puis fenêtrage de Dolph-Chebyshev.
Défaut à 50,0 m · défaut détecté
① Signal injecté — 512 sous-porteuses 4-QAM (IFFT), ligne de 100 m, impédance caractéristique Zc = 100 Ω.
② Défaut non franc — variation locale d'impédance (Zd = 150 Ω).
③ Diagnostic en ligne — l'annulation de 50 % des sous-porteuses crée des artefacts, corrigés par moyennage sur plusieurs trames (symboles différents à chaque trame) et convolution par une fenêtre de Dolph-Chebyshev.
Des réflectomètres OMTDR qui communiquent entre eux pour localiser le défaut sans ambiguïté : allocation distribuée des sous-porteuses, pré-localisation par TEB et fusion maître-esclave des diagnostics.
Allocation distribuée des sous-porteuses (type OFDMA) : une répartition entrelacée — plutôt que par blocs adjacents — permet de garantir une perspective spectrale proche entre les réflectomètres.
Pré-localisation par TEB : le taux d'erreur binaire entre deux réflectomètres croît avec la sévérité du défaut non franc → il désigne la branche défectueuse.
Fusion maître-esclave : le maître est choisi en minimisant un poids d'éligibilité ; le réseau est découpé en clusters (≤ 3 jonctions) pour une fusion hiérarchique.
$D_{R_i}$ = somme des distances aux autres réflectomètres, $J_{R_i}$ = nombre de jonctions traversées. Le réflectomètre de poids minimal devient maître.
Une même forme d'onde, deux fonctions. La forme d'onde OMTDR (multiporteuse) ne sert pas qu'à sonder le câble : sa partie transmise porte aussi les données échangées entre réflectomètres.
Intégration embarquée de la communication par OMTDR. Les cartes MAÎTRE, ESCLAVE 1 et ESCLAVE 2 — trois réflectomètres OMTDR — sont reliées par un réseau de câbles à paires torsadées avec une jonction.
Le maître reçoit les réflectogrammes de ses deux esclaves, puis fusionne leurs résultats avec les siens pour localiser la jonction. Chaque réflectomètre la voit à une distance différente.
Un connecteur intelligent réunissant diagnostic et communication sur une même puce : l'ASIC « DiagnoChip » (CEA-LIST), monté avec un microcontrôleur sur un PCB de 3 × 5 cm intégré dans les connecteurs DMM et 38999, sur une maquette de Rafale équipée d'un harnais aéronautique.
Modulation 4-QAM, allocation distribuée, en présence du signal natif PWM (DC–300 kHz). Face à un défaut intermittent (circuit ouvert), la fusion maître-esclave lève l'ambiguïté de localisation — en fonctionnement.
Un connecteur intelligent qui embarque, sur une même puce, le diagnostic OMTDR et la communication entre réflectomètres — validé en fonctionnement sur un harnais aéronautique, première étape vers le transfert industriel.
Cliquez SmartCo pour voir la carte OMTDR embarquée, ou Afficher IHM pour le diagnostic à l'écran.
* Travaux en cours, détaillés dans les Perspectives.
Après plusieurs années de R&D au sein du LabCom SmartCo, l'OMTDR a été commercialisée en 2019 sous la forme d'une valise de diagnostic destinée à la maintenance au sol. Elle fait la preuve industrielle du diagnostic filaire par OMTDR embarquée. Le passage à l'industrialisation a imposé d'affronter les contraintes terrain — intégration, robustesse, coût.
Presse : Nicomatic SmartCo connectors provide EWIS real-time fault-finding — New Electronics
Valise de diagnostic E-GSE TC50 intégrant la technologie OMTDR embarquée
Orientation ouverte. L'OMTDR distribuée a fait ses preuves jusqu'au transfert industriel sur les défauts francs (circuits ouverts, courts-circuits). Détecter et localiser une signature de très faible amplitude, la caractériser, optimiser la configuration de mesure, puis prédire l'évolution du défaut : une perspective vers le pronostic !
Le défaut non franc (frottement, écrasement, rayon de courbure) n'interrompt pas le fonctionnement du réseau mais peut le perturber : il se traduit par une variation faible et locale d'impédance, dont la signature est rapidement masquée par le bruit de mesure. Le détecter tôt, c'est ouvrir la voie au pronostic.
Les post-traitements de l'état de l'art amplifient la signature (MCS, MCAAD, AS…) — mais ils amplifient aussi les hétérogénéités et les désadaptations du câble, générant des faux positifs qui brouillent le diagnostic.
Les exemples MCS et MCAAD, issus de la littérature et repris dans le manuscrit, illustrent ces limites. Ils ne constituent pas une contribution personnelle et sont regroupés dans le volet « À développer si besoin » ci-dessous.
Concrètement, ces fausses alarmes ne sont pas des défauts : elles proviennent des hétérogénéités du câble (courbures, variations de section) et des désadaptations d'impédance aux interfaces (connecteurs, jonction réflectomètre–câble). L'amplification les renforce autant que la vraie signature — d'où l'ambiguïté du diagnostic, et le besoin d'une fusion pour les écarter.
État de l'art, hors contributions personnelles. Ces deux figures reprises dans le manuscrit concernent un câble coaxial présentant un défaut de frottement avec endommagement du blindage à ~6 m. Les post-traitements MCS et MCAAD révèlent le défaut, mais aussi des faux positifs à des positions différentes. Il ne s'agit pas de résultats calculés à partir du schéma animé ci-dessus.
Cliquez une brique pour aller au paragraphe correspondant.
Adapter la configuration de mesure pour améliorer la sensibilité aux défauts non francs, dans le cadre des travaux de thèse de Nour Taki.
Extraire les signatures de faible amplitude et localiser les défauts grâce au traitement des réflectogrammes et à la fusion des observations.
Relier les signatures électriques aux propriétés du défaut et extraire des indicateurs représentatifs de sa sévérité.
Suivre l'évolution des indicateurs de dégradation pour estimer le potentiel de vie restant, dans le cadre de la thèse de Baudouin Naline.
Deux choix conditionnent la qualité du diagnostic : la fréquence maximale du signal de test et, en réseau, le réflectomètre le plus pertinent — jusqu'ici fixés de manière empirique.
Nous avons proposé une configuration automatique par analyse en composantes principales (ACP) : un modèle appris sur câble sain fixe des seuils statistiques (Q et T² de Hotelling) ; toute déviation signale le défaut, et l'analyse des contributions désigne la meilleure fréquence et le réflectomètre le plus pertinent — les autres peuvent être mis en veille.
Bilan. Le réglage de la mesure devient automatique et guidé par les données — la bonne fréquence, le bon réflectomètre, une surveillance frugale. Ce socle, des réflectogrammes mieux résolus et moins bruités, conditionne les algorithmes de post-traitement fusionnés proposés plus loin.
Nous avons proposé une méthode de post-traitement par fusion : baselining (différence à un réseau sain), normalisation, seuillage dynamique, histogramme de franchissements, puis modèle probabiliste et fusion. Elle automatise l'interprétation du réflectogramme et quantifie la probabilité de présence d'un défaut.
Cliquez une étape du pipeline pour afficher le graphe du résultat correspondant.
Chaque post-traitement est ramené à une probabilité de défaut par tronçon, puis les probabilités sont fusionnées — des grandeurs hétérogènes deviennent une décision unique.
Les amplitudes des réflectogrammes post-traités sont ramenées à [0, 1] pour être comparables d'une méthode à l'autre.
Une gamme de seuils balaie progressivement les niveaux d'amplitude, du niveau de bruit $s_0$ vers le haut, par pas $p$.
Pour chaque échantillon, on compte le nombre de seuils franchis $N_{sf}(i)$ : plus un pic est marqué, plus son score est élevé.
Le câble est découpé en tronçons : sommer les scores par tronçon rend le résultat robuste aux légers décalages de position entre méthodes.
Le score de chaque tronçon est converti en probabilité de défaut pour la méthode $m$, par une application croissante $[0,S_{\max}]\to[P_{\min},P_{\max}]$.
Les probabilités de deux méthodes indépendantes sont agrégées : la détection ne survit que si les méthodes concordent — d'où la chute des fausses alarmes.
Démonstrateur embarqué. Deux cartes Ariane V2 (maître/esclave, communication OMTDR) appliquent la fusion sur une paire torsadée blindée de 30 m : un défaut de blindage à 10,9 m, invisible sur le réflectogramme brut, est localisé à 10,98 m.
La preuve embarquée. Deux cartes Ariane V2 (maître/esclave, communication OMTDR) appliquent la fusion sur une paire torsadée blindée de 30 m.
Le démonstrateur embarqué par fusion. Deux cartes Ariane V2 (maître/esclave) sur une paire torsadée blindée de 30 m ; le défaut de blindage à 10,9 m, invisible dans le brut, est localisé à 10,98 m après fusion.
Sur l'écran, cliquez le tracé du haut pour le réflectogramme brut, ou celui du bas pour le résultat après fusion.
Détecter ne suffit plus : pour pronostiquer, il faut estimer la sévérité du défaut — sa position, sa longueur, la variation de ses paramètres électriques primaires et secondaires.
Nous formulons la caractérisation comme un problème inverse : la signature est isolée dans un réflectogramme différentiel (mesure − modèle sain), puis un algorithme d'optimisation reconstruit les paramètres du défaut qui la reproduisent au mieux.
On cherche le jeu de paramètres du défaut dont la signature simulée coïncide avec la signature mesurée.
La différence entre la mesure $V_{\text{mes}}$ et la réponse d'un modèle sain $V_{\text{sim}}$ (où $\Delta Z_c=0$) isole la signature du défaut non franc.
Le défaut est décrit par un vecteur : position $x_f$, variation d'impédance $\Delta Z_c$ et longueur $l_f$.
On minimise l'écart entre la signature mesurée $V_B$ et la signature reconstruite $\widehat{V}_B(\theta)$ ; l'algorithme génétique explore l'espace des paramètres.
La réflectométrie électrique ne permet pas, à elle seule, de prédire l'évolution temporelle d'un défaut.
Nous avons proposé la méthodologie PrognoCable : une chaîne qui exploite les mesures de réflectométrie pour estimer la durée de vie résiduelle (RUL) du câble.
1Construction d'une base de données — faute de bases de données publiques, la dégradation est d'abord simulée (SimDF, CEA) par une augmentation de la permittivité sous stress thermique. La simulation ne captant pas le passage du défaut non franc au défaut franc, des campagnes d'essais de vieillissement accéléré complètent la base jusqu'à la fin de vie du câble.
2Extraction d'indicateurs de dégradation — six features décrivent la signature différentielle : amplitude & largeur des pics positif (f₁, f₂) et négatif (f₃, f₄), énergie (MSE) de la zone du défaut (f₅) et décalage d'un écho de référence (f₆).
3Construction de séries temporelles — relevés au fil du temps et sur les différents points d'accès du réseau, les indicateurs sont empilés en une série temporelle multivariée, entrée du modèle de prédiction.
4Prédiction — ces séries alimentent un réseau LSTM qui projette l'évolution des indicateurs ; la RUL s'obtient alors par seuil de fin de vie, ou par apprentissage supervisé.
Face au manque de données, nous avons validé la chaîne sur le jeu public C-MAPSS (turboréacteurs) via FeatRUL, puis étendu au distribué avec DistFeatRUL, fondé sur l'apprentissage fédéré : entraîner collectivement des modèles de pronostic sans partager les données brutes — confidentialité et passage à l'échelle.
Les indicateurs, collectés dans le temps et sur les différents points d'accès du réseau, forment une série que le modèle apprend à prolonger.
Pour un réseau $n$, les $J$ indicateurs issus des $I$ points d'accès sont empilés à chaque instant, puis suivis dans le temps.
À partir de l'historique des $w$ derniers vecteurs, le LSTM estime les $h$ valeurs futures des indicateurs, qui alimentent l'estimation de la RUL.
Du défaut à son environnement. Le défaut non franc est une discontinuité d'impédance localisée ; l'échauffement, lui, diffuse et installe une variation d'impédance distribuée. Le réflectogramme différentiel n'y mesure plus l'intégrité du câble, mais le profil spatial de sa sollicitation thermique.
L'idée naît des travaux du CEA LIST sur les paramètres d'influence de la réflectométrie : dès que la température opérationnelle du câble est légèrement dépassée, une signature électrique apparaît et la vitesse de propagation change ; au-delà, le diélectrique fond jusqu'au court-circuit. Cette sensibilité à l'échauffement peut donc servir à détecter un départ de feu.
Dans le cadre du LabCom SmartCo, la réflectométrie a été proposée pour surveiller le départ d'incendie dans les moteurs d'un hélicoptère, maillés par un câble capteur, en remplacement des systèmes existants : capteur de type bilame et détecteur à gaz.
Le système de surveillance de départ d'incendie est composé de deux briques :
Trois verrous sont traités :
Modéliser la réponse électrothermique du câble capteur pour comprendre la signature électrique d'un échauffement localisé.
Détecter et localiser les échauffements sur plusieurs zones surveillées à partir des variations du signal de réflectométrie.
Intégrer le câble capteur et les cartes OMTDR dans un système de surveillance de départ d'incendie présenté au Salon du Bourget 2019.
Modélisation électrothermique d'un câble découpé en trois tronçons — T1 500 mm · T2 50 mm chauffé · T3 450 mm — sous une source balayée de 60 à 300 °C, en TDR différentielle à 2 GHz.
La chaleur ne reste pas où elle est produite. Cartographie du premier palier, source à 60 °C : un tronçon chauffé de 5 cm installe un gradient qui s'étend jusqu'aux extrémités du câble.
Le réflectogramme différentiel ne lit donc pas la source, mais ce gradient : une variation distribuée de l'impédance, là où un défaut mécanique produit une discontinuité localisée.
Un algorithme de post-traitement en trois temps — fenêtrage, lissage par fenêtres glissantes de largeurs différentes, seuillage adaptatif — détecte et localise plusieurs zones d'échauffement sur un même câble.
Câbles capteurs et systèmes de réflectométrie sont redondants : l'alarme n'est déclenchée que si les deux voient l'échauffement. Une détection isolée reste sans effet, ce qui limite le risque de fausse alarme — c'est la réponse au verrou des fausses alarmes.
Un démonstrateur fonctionnel développé dans le LabCom SmartCo : deux paires torsadées maillent quatre zones moteur, le feu est simulé par des résistances chauffantes, et l'alarme tombe en moins de 15 secondes.
Trois briques, rien de plus. Deux sondes incendie — paires torsadées non blindées EN 2346-005B résistantes au feu ; sur chacune, une carte de réflectométrie OMTDR Ariane V2 logée dans un boîtier aluminium étanche IP54 qui la protège de l'échauffement ; une IHM.
Deux connecteurs 38999 de part et d'autre du boîtier : alimentation et bus USB d'un côté, sonde de l'autre. La carte mesure périodiquement, traite le réflectogramme localement, et n'envoie que la décision. Cliquez la capture de l'IHM pour l'agrandir.
Objectif : gagner en portée et en précision de localisation avec le même matériel, et en sensibilité grâce à un câble thermosensible. Projet SECURE-HOP (Bpifrance · Nicomatic, HeatSelf, Airbus Helicopters), dont j'ai monté le dossier.
Un réseau ramifié remplace la ligne unique. La reconstruction de sa topologie en surveille l'évolution, renseigne sur la propagation de l'incendie et en assure la traçabilité. Stratégie brevetée.
Une première analyse bibliométrique de la littérature scientifique et trois axes prospectifs à l'interface de la modélisation, du traitement du signal et de l'IA.
Cartographie du corpus scientifique et des usages de la réflectométrie pour identifier les tendances émergentes et les verrous du diagnostic filaire.
Ouverture vers de nouveaux usages (SHM réservoirs H₂, batteries, topologie) et plateforme d'instrumentation distribuée, modulaire et intelligente.
Surveillance hybride active/passive, fiabilité du monitoring, pronostic des réseaux — IA guidée par la physique et réseaux de graphes (PEPR TASE — TASTING).
La cartographie des publications situe d'abord la réflectométrie dans ses dix champs d'application. Le diagnostic filaire, premier domaine du corpus, est ensuite analysé plus finement pour identifier les tendances émergentes, les lacunes scientifiques et fonder le choix de mes futurs axes de recherche.
J'ai proposé et contribué à réaliser une revue de la littérature récente, puis à aller au-delà avec une étude bibliométrique de 263 articles scientifiques publiés entre 2020 et 2025 — la première dans ce domaine. La démarche est prospective : identifier les tendances, les verrous et les opportunités de collaboration pour alimenter la feuille de route des laboratoires.
Une analyse des brevets (base Orbit, démarche inspirée de PRISMA, filtrage par IA générative) complète le corpus scientifique.
Les auteurs du corpus forment une liste de contacts : elle a servi à solliciter les sessions spéciales que j'ai organisées à PIERS 2025 et IEEE I2MTC 2026, et à amorcer des collaborations (co-encadrements, projets).
Au-delà du diagnostic filaire, nos travaux sur le départ d'incendie, puis mes contributions à trois autres ouvertures, démontrent la capacité de la réflectométrie à observer un environnement, une structure, un système énergétique ou l'architecture d'un réseau. Ces applications participent au positionnement collectif du CEA-LIST, sans devenir pour autant mes axes personnels de recherche.
Détaillé au chapitre 4 : signature d'un échauffement, détection multizones, démonstrateur embarqué.
Passer d'une mesure ponctuelle de laboratoire à une surveillance industrielle continue exige un cadre où chaque développement est évalué sur la chaîne complète, de l'interaction physique jusqu'à la décision.

Modéliser les réseaux de câbles et analyser la sensibilité des signatures électriques.

Confronter les modèles aux mesures et constituer des données représentatives du réel.

Adapter la mesure aux contraintes du système à instrumenter.

Déployer un réseau de réflectomètres pour croiser les observations du système.

Associer traitement avancé du signal et IA pour rendre les signatures exploitables.
Ces ouvertures nourrissent le positionnement du CEA-LIST. Mes perspectives de recherche restent, elles, centrées sur les verrous du diagnostic et du pronostic des réseaux filaires complexes, là où mon parcours et l'analyse bibliométrique convergent.
Lecture de la figure. Le centre de chaque bulle indique son nombre de publications sur l'axe vertical. La maturité technologique se lit horizontalement, d'émergent à mature. Les dimensions relatives des bulles reprennent celles de la figure d'origine. Dans le tracé interactif, les nuances de gris suivent les effectifs et la fiabilité est mise en évidence en rouge. La bande « Faible maturité · axes à consolider » regroupe la fiabilité, le vieillissement et l'IA. Le centre de la bulle Fiabilité est à zéro, mais elle reste visible comme repère. Ce zéro concerne uniquement le corpus 2020–2025, et non l'ensemble des travaux antérieurs. Les effectifs des familles ne sont pas additionnés ; les perspectives sont distinguées des constats bibliométriques.
Le noyau du diagnostic filaire regroupe la détection et la localisation des défauts. La figure associe ces travaux à la TDR, à la FDR, aux défauts francs et aux câbles d'énergie.
Des produits existent déjà sur le marché pour la détection et la localisation des défauts francs. Le besoin porte désormais sur l'aide à l'interprétation : automatiser la calibration et fournir une information directement exploitable pour la maintenance.
De la signature électrique à la décision de maintenance : caractériser l'état, qualifier le diagnostic, anticiper la dégradation.
En cours · TASTING 2023–2028
Mon rôle : pilotage scientifique et encadrement
Travaux en cours : surveillance passive des réseaux PLC. Nous avons développé une méthode fondée sur la réponse fréquentielle du canal (CFR) et les méthodes d'IA pour distinguer un défaut du câble d'une variation de configuration du réseau.
Valorisation. Dépôt de brevet en 2026 et article accepté à IEEE SENSORS.
En cours · TASTING
Combiner réflectométrie active et signaux déjà présents pour détecter avec moins d'intrusivité.
À explorer
Guider l'apprentissage par la physique pour viser robustesse et généralisation.
À explorer
Représenter les réseaux en graphes pour intégrer leur topologie au diagnostic.
Appui sur TASTING (2023–2028) et un post-doctorat actuellement co-encadré.
Acquis · modèle de thèse 2014 | Extension au monitoring à structurer
Mes contributions : facteurs d'influence et modélisation bayésienne
Survolez ou cliquez un nœud pour suivre ses causes et ses effets.
À développer
Relier les phénomènes physiques à leurs signatures pour distinguer défaut du câble et variation d'environnement.
Modèle de thèse à enrichir
Estimer la confiance du monitoring et rechercher, par inférence inverse, les causes de sa dégradation.
À explorer
Intégrer l'évolution temporelle des indicateurs pour vérifier la cohérence des décisions de monitoring.
Thèse en co-direction en réseaux bayésiens, à financer.
Acquis · PrognoCable | Extension des approches au pronostic à développer
Appuis scientifiques · thèse de Naline Baudouin (2021–2024)
À construire
Couvrir des trajectoires complètes et représentatives, de l'état sain à la fin de vie du câble.
PrognoCable à prolonger
Exploiter les dépendances temporelles entre les indicateurs pour estimer la durée de vie résiduelle.
À explorer pour les câbles
Apprendre collectivement et guider les modèles par la physique pour viser robustesse et généralisation.
Projet ANR à envisager ; thèse en co-direction RUL à viser en 2029.
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